« Allô…Maman….. Maman, la maison est en ruine »
Il était 3H00 du matin quand Jezabel se décida à appeler sa mère.
Toutes les lampes étaient allumées éclairant le dialogue entre le jaune des murs et le cuivre du parquet. Une harmonie d’antan dans laquelle LES BLEUS ne trouvaient pas leur place, et encore moins LE ROUGE. A moins que ce ne fut pour dessiner le paysage du chaos. La peinture du désastre. Le début de la fin.
Plusieurs fois pourtant, Jezabel était rentrée dans la maison en regardant, sur la cheminée, des figurines de verre de Murano, comme des ennemies potentielles. La douceur et l’amour de Venise dans la folie d’un lieu partagé, aimé, décoré et…anéanti.
Mille fois encore son corps avait frissonné devant cette photo encadrée sur le mur principal du grand salon. Une photo magique en noir et blanc, dont le cadre n’avait plus de verre, l’ayant abandonnée ainsi, à se laisser jaunir par les volutes nicotinées, les atomes de poussière, les particules de sable. Avec le temps de l’usure, les regards avaient changé, semble-t-il du moins, car le voile invisible sur la photo racontait tout autant un amour...long…qui ne pouvait pas s’arrêter.
4H00 du matin.
La mère de Jezabel entra dans la maison. Passées la stupéfaction et la sidération, elle regarda sa fille dans un mélange de gouttes d’eau dans les yeux et un doux sourire aux lèvres.
4h15 du matin. Elles sont parties
Sous la photo sans vitre, restait un mot pour son lecteur
« Je t’aime toujours, mais sauve moi
Pars, parce que moi, je ne le pourrai pas »
Sagement et amoureusement vôtre
Isabelle
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